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Z2 ou Z3 ? Le choix qui donne forme à tes progrès

Beaucoup d’athlètes d’endurance passent leurs semaines à osciller entre la Z2 et la Z3, sans vraiment trancher. Les séances faciles deviennent un peu trop rapides, les séances dures manquent de fraîcheur, et au bout de quelques semaines la fatigue s’installe. Les progrès ralentissent, parfois jusqu’à se stopper. On va te montrer comment remettre la Z2 au centre pour construire le moteur, et comment utiliser la Z3 avec intention, sans la laisser devenir ta zone par défaut.

La Z2, c’est quoi exactement

La Z2 correspond à une intensité basse et durable, principalement aérobie. C’est la zone idéale pour accumuler du volume tout en protégeant ta récupération. En course, on parle souvent d’endurance fondamentale. En vélo, d’endurance. En natation, d’une allure aérobie contrôlée qui te permet de rester propre techniquement.

Le repère le plus simple reste le talk test. En Z2, tu peux parler en phrases complètes. La respiration est présente, mais maîtrisée. L’effort reste stable, et tu termines la séance avec l’impression que tu aurais pu continuer.

Pourquoi la Z2 est si importante ?

La Z2, c’est l’endroit où tu construis le moteur. Plus tu progresses, plus tu es capable de produire une bonne vitesse ou une bonne puissance avec un coût physiologique plus bas. C’est exactement ce qui fait la différence en endurance. Être efficace, tenir longtemps, et enchaîner les semaines sans te griller.

Concrètement, un travail régulier en Z2 favorise des adaptations très utiles :

  • Meilleure efficacité cardio-respiratoire. À allure ou puissance équivalente, tu “paies” moins cher.
  • Développement du métabolisme aérobie. Tu utilises mieux l’oxygène et tu stabilises l’effort sur la durée.
  • Amélioration de l’utilisation des lipides aux intensités submaximales, ce qui aide à préserver les glucides sur les sorties longues.
  • Augmentation des capacités musculaires d’endurance (dont la densité mitochondriale) et meilleure tolérance au volume.
  • Meilleure capillarisation. L’échange oxygène-muscle devient plus efficace, donc le mouvement coûte moins.
  • Récupération plus solide. Tu encaisses mieux les semaines chargées et tu arrives plus frais sur les séances clés.

Ce n’est pas une simple mode. Les synthèses sur l’entraînement d’endurance montrent que les athlètes performants passent une grande partie de leur temps à faible intensité, parce que c’est une approche efficace et durable sur le long terme (Seiler, 2010).

La Z3, à quoi elle sert vraiment ?

La Z3 correspond à une intensité modérée. Trop élevée pour rester vraiment “facile”, mais pas assez élevée pour constituer une séance de haute intensité. On la retrouve souvent autour du tempo. Sur le moment, elle peut être très gratifiante. Tu avances bien, tu as la sensation de faire une séance solide. Et c’est justement pour ça qu’elle peut devenir un piège si tu t’y installes trop souvent.

Cela dit, la Z3 a toute sa place. Elle est utile quand tu veux développer ta capacité à tenir un effort soutenu, proche de certaines allures de course, ou quand tu cherches à travailler la stabilité d’un rythme. L’idée, c’est qu’elle reste un outil utilisé avec intention, pas une intensité par défaut.

La zone grise et le plateau Z3

La zone grise, c’est quand tu ne t’entraînes presque jamais vraiment facile, mais rarement vraiment dur non plus. Au fil des semaines, tu accumules de la fatigue sans déclencher pleinement les adaptations qui viennent soit d’un gros volume à faible intensité, soit d’une intensité élevée bien ciblée. Et à un moment, tu plafonnes.

Ce schéma est bien connu en endurance. Chez des athlètes entraînés, une répartition qui met l’accent sur davantage de volume clairement sous le seuil a été associée à de meilleurs gains de performance qu’une approche plus centrée sur des intensités proches du seuil (Esteve-Lanao et al., 2007).

Et d’autres travaux suggèrent qu’une distribution mieux structurée, avec beaucoup de “facile” et une plus petite part de “très intense”, peut conduire à de meilleurs progrès qu’un entraînement trop orienté vers le tempo ou le seuil (Stöggl & Sperlich, 2014).

Comment savoir si tu es en train de glisser dans la zone grise

Tu n’as pas besoin d’un labo pour t’en rendre compte. Les signaux sont souvent très concrets. Tes sorties “faciles” te demandent déjà de la concentration pour rester dans l’allure. Tu ne peux plus parler qu’en petites phrases. Sur des séances censées être tranquilles, tu observes une dérive cardio nette. Et quand arrive le moment des séances de qualité, les jambes sont déjà lourdes. Le plus frustrant, c’est cette impression de t’entraîner beaucoup, sans réussir à franchir un nouveau palier.

Si tu te reconnais là-dedans, la solution n’est pas forcément de “t’entraîner plus dur”. Bien souvent, il faut surtout remettre de la clarté dans tes intensités, pour que chaque séance fasse exactement le job prévu.

Comment sortir du plateau et relancer ta progression

Commence par protéger tes journées faciles. Une vraie Z2, c’est une Z2 choisie et assumée. Tu gardes une intensité stable, sans te crisper, et tu accumules du temps de travail. C’est cette régularité, semaine après semaine, qui construit un moteur solide.

Ensuite, donne un rôle clair à la Z3. Si tu l’utilises, fais-le avec intention. Un bloc tempo bien défini, placé au bon moment dans la semaine, plutôt qu’une Z3 qui s’installe partout par habitude. La Z3 est efficace quand elle est dosée. Elle devient vite coûteuse quand elle devient automatique.

Enfin, réserve de l’espace pour tes vraies séances de qualité. Elles demandent de la fraîcheur pour produire un vrai signal d’adaptation. Et c’est justement la Z2 qui t’aide à arriver prêt(e), plutôt que déjà entamé(e).

2PEAK garde tes zones bien calibrées

Beaucoup de dérives viennent d’un point très concret. Tes zones ne sont pas gravées dans le marbre. Elles évoluent avec ta forme, ta fatigue, ta progression, et parfois même avec la saison. Si elles sont mal calibrées, tu peux te retrouver en Z3 sans t’en rendre compte, ou à l’inverse te freiner en pensant faire de la Z2 alors que l’intensité est trop basse.

C’est là que 2PEAK devient un vrai avantage. 2PEAK s’appuie sur un modèle à cinq zones et met à disposition des outils pour les calculer et les mettre à jour. Tu peux aussi activer la détermination automatique des zones, en course comme en cyclisme, pour garder tes intensités alignées sur ton niveau réel, au bon moment.

Quand tes zones sont justes, tout devient plus simple. La Z2 redevient une base solide. La Z3 redevient un outil précis. Et tes séances clés tombent au bon endroit, avec une charge mieux maîtrisée et une récupération plus cohérente.